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Xavier Desharnais, 25 ans, nageur professionnel

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© Fay Sckoropad

Titulaire d’un baccalauréat en kinésiologie, Xavier est présentement étudiant à l’Université de Montréal en attendant de commencer des études en médecine. Il est également nageur d’eau libre de niveau international et se spécialise dans ce que l’on peut appeler des ultra-marathons de nage. Ces compétitions équivalent à des courses de 20, 30, 50 et même 88 km dans les différents lacs, rivières, mers et océans à travers le monde — des parcours qui durent entre 5h et 11h! Et Xavier accomplit ses exploits sportifs en suivant une alimentation végétalienne et continue sur cette voie dans l’espoir de participer aux Jeux Olympiques de Rio en 2016.

  • Depuis quand et comment as-tu commencé à t’intéresser au végétalisme?

J’ai commencé à m’intéresser au végétarisme en 2011, vers la fin de l’année. Suite à un empoisonnement alimentaire à un burger lors d’une Coupe du Monde au Brésil début 2012, j’ai finalement décidé que je ferais le switch. J’ai décidé d’y aller tranquillement puisque c’était à moins de six mois des sélections olympiques et je ne pouvais savoir à 100% les effets d’un tel mode de vie.

J’ai donc commencé par couper toute la viande sauf la volaille et le poisson. Une fois les sélections finies, je n’ai plus jamais retouché à de la chair animal. C’était en juin 2012.

Entre-temps, j’ai rencontré une personne qui avait un mode de vie crudivore et végétalien. Même si nous ne sommes pas restés ensemble bien longtemps, ça a été suffisant pour que je m’intéresse également au végétalisme. Il faut dire que je ne mangeais pratiquement plus de produits animaux puisque j’étais très souvent auprès de cette personne. Le saut a donc été facile à faire, à l’automne 2012.

Ce qui m’a attiré dans ce mode de vie, au début, ce sont les bienfaits pour le corps humain. Et qui dit un corps en santé dit un corps performant! J’ai donc essayé ce mode de vie pour aller chercher un petit plus dans mon sport.

  • Est-ce que ces nouvelles habitudes ont été faciles à introduire dans ton quotidien? Et comment ce changement s’est-il reflété dans ta performance sportive?

Je trouve que cela a été relativement facile pour moi. Déjà calé en nutrition, j’ai fait quelques recherches supplémentaires et, passé les cravings des premiers mois, je n’ai plus jamais regardé en arrière.

Il faut aussi dire que j’ai tout de suite vu la différence et c’était quelque chose qui me motivait beaucoup au début! Plus d’énergie, une récupération plus rapide entre les entraînements et même de très bonnes performances dès le début de la transition (j’ai terminé 2e lors de la Coupe du Monde de la Traversée Internationale du Lac Memphrémagog 2012 de 34 km).

  • Que réponds-tu aux gens qui disent que le végétalisme est trop compliqué, extrême ou restrictif? Entends-tu beaucoup de préjugés à ce sujet?

J’ai beaucoup de discussions à ce sujet. Si la personne est réellement intéressée à débattre, je me fais un plaisir de lui expliquer mon point de vue. Si elle ne désire que rabaisser ce que l’on fait, je ne perds pas mon temps!

J’essaie de leur démontrer que oui, cela demande quelques efforts au début, mais que ça en vaut la peine lorsqu’on réalise le bien que ça nous apporte, mais aussi le bien que l’on peut apporter aux autres et à notre planète.

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© James Hajjar

  • Sens-tu du scepticisme ou plutôt de la curiosité et de l’intérêt de la part des entraîneurs et des autres sportifs?

Il n’y a pas beaucoup d’athlètes de haut niveau qui sont végétaliens. Je dirais que la plupart des athlètes ne comprennent pas l’intérêt puisqu’ils ont été élevés dans un contexte très stricte par rapport à la nourriture (steak=protéine, protéine=essentielle pour le l’entraînement et la performance), mais sont assez ouverts d’esprit pour le respecter. Beaucoup sont même très curieux! C’est à peu près la même chose pour les entraîneurs, mis à part qu’il est facile de sentir un certain scepticisme vis-à-vis ce mode de vie puisqu’ils ont appris différemment au courant de leur vie. Je dirais même que c’est plus difficile de les convaincre puisque la plupart d’entre eux ont vécu le mouvement végétarisme des années 70 et que ça n’a pas marché pour eux. La différence, aujourd’hui, est que c’est beaucoup plus facile et accessible et que nous avons droit à bien plus d’aliments qui viennent combler tous les besoins.

  • Es-tu plutôt « grano » ou comfort food, et quels sont tes plats préférés?

Je suis beaucoup plus comfort food! J’ai toujours adoré mangé et j’aime essayer différents plats. J’aime mélanger des ingrédients pour avoir une explosion de saveur lorsque je prends une bouchée! C’est peut-être pourquoi j’aime tant les bols (en particulier du Aux Vivres et Copper Branch). Sinon j’ai une dent sucrée et je me fais régulièrement des biscuits et des brownies pour la combler! Mon raw brownies est quelque chose ;)

  • Outre le sport et le végétalisme, qu’est-ce qui te passionne dans la vie?

Je n’ai pas vraiment de passe-temps autres que lire et écouter des séries télévisées. Il faut dire qu’avec l’école et plus de 25 heures d’entraînement par semaine, j’aime bien relaxer. J’adore voyager et je crois que mes places favorites sont les îles. J’aime me retrouver entouré d’eau… Je me demande pourquoi!

J’aimerais peut-être ouvrir un restaurant végétalien un jour, j’adore cuisiner!

  • As-tu réussi à sensibiliser des gens dans ton entourage? As-tu des amis végétaliens ou véganes?

Je crois que oui, ma meilleure amie est devenue végétalienne après que je lui ai montré un documentaire et je suis toujours là pour mes autres amis qui ont des questions. J’ai maintenant quelques amis végétariens. Mes parents ne mangent pas beaucoup de viande. J’ai d’ailleurs la chance d’avoir un papa qui cuisine super bien et qui adore les défis culinaires. Il me fait des plats incroyables quand je retourne les voir de temps en temps!

  • Quelles sont les autres causes qui te touchent?

En adoptant une alimentation végétalienne, je me suis intéressé aux animaux et à l’environnement. Je ne suis pas très actif, mais je trouve ça très important de respecter les autres êtres vivants et cela inclut notre planète. Ce qu’on fait aujourd’hui sera présent demain et je ne veux pas que les générations futures doivent vivre avec nos erreurs. J’espère que les gens pourront ouvrir les yeux un jour et faire un effort, peu importe à quel niveau.

  • Quels seraient tes meilleurs conseils pour quelqu’un qui débute sa transition vers le végétalisme?

D’abord, ce serait de ne pas le faire seul. Quand tu le fais avec quelqu’un, tu peux avoir le double de motivation, le double des connaissances et le double de recettes! Ensuite, ce serait de beaucoup s’instruire sur la nutrition. Connaître les aliments importants et les combinaisons à faire pour faciliter l’absorption des nutriments. C’est important aussi de ne pas arrêter de s’informer. Finalement, je conseillerais à quiconque voulant devenir végétalien de ne pas essayer de recréer une assiette omnivore. On doit mélanger les saveurs, essayer de nouveaux aliments, pas se choisir une viande avec un légume et un féculent. Et gardez cela simple aussi! Si ça vous prend deux heures faire chaque souper, vous allez vous tanner!


Pour en connaître plus au sujet de Xavier Desharnais, vous pouvez consulter son site web officiel et regarder cette entrevue réalisée à Radio-Canada à l’automne 2014, où Xavier parle de son végétalisme:

Xavier Desharnais à Radio-Canada

Catégories :Portraits