Rudy

Rudy, 31 ans, artiste

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  • Depuis quand et comment as-tu commencé à t’intéresser au véganisme?

J’ai tout d’abord été végétarien pendant cinq ans. Durant cette période, j’ai essayé à trois reprises de devenir végétalien, mais sans succès. Il faut dire qu’à l’époque, les ressources étaient moins nombreuses sur Internet et il y avait peu de produits véganes disponibles en magasin. Puis en 2007, j’ai rencontré une végane lors d’un souper d’action de grâce. Je lui ai demandé de l’aide et elle m’a pris sous son aile. Grâce à elle, j’ai réalisé que c’était simple de s’en tirer socialement, qu’il suffisait d’être décidé et de ne plus regarder en arrière.

  • Est-ce que ces nouvelles habitudes ont été faciles à introduire dans ton quotidien?

Comme j’étais déjà végétarien depuis cinq ans, il ne m’a suffit que d’éliminer le fromage, les œufs et le lait. En fait, juste avant de procéder définitivement à la transition, les œufs étaient devenus pour moi des sources d’angoisse et de dégoût, alors que le lait me donnait vachement mal au cœur. Donc, ça a été facile. Bien entendu, il m’a fallu prendre l’habitude de vérifier les ingrédients de tous les aliments que je consomme, mais ce n’est rien de bien compliqué et surtout, c’est quelque chose que nous devrions tous faire de toute façon. Ensuite, j’ai donné les choses que j’avais qui étaient fabriquées avec des matériaux d’origine animale, que ce soit des vêtements en laine, des accessoires en cuir ou des produits domestiques. Cela a été pour moi l’occasion de découvrir tellement d’alternatives efficaces et accessibles.

  • Que réponds-tu aux gens qui disent que le véganisme est trop compliqué, extrême ou restrictif, ou quel préjugé face au véganisme es-tu le plus tanné d’entendre?

Les gens qui disent que le véganisme est extrême devraient se poser de sérieuses questions. Ce qui me paraît extrême, c’est d’abattre un animal quand c’est totalement inutile de le faire, tout ça au nom de la tradition, du sport, de la mode ou de la gastronomie. Je ne vois absolument aucun point négatif au véganisme : moins de violence dans le monde, une meilleure santé et moins de pollution.

  • Es-tu plutôt « grano » ou comfort food, et quels sont tes plats préférés?

Comfort food, sans hésitation! En fait, je n’aime pas trop cuisiner, mais j’adore bouffer. Mon plat préféré est le mac n’ cheese végétalien, suivi de près par le club sandwich. Et je suis très chanceux, car mon amoureuse est une cuisinière chevronnée!

  • Peux-tu nous parler d’un ou d’une végane, célèbre ou non, que tu admires, et pourquoi?

Johnny Marr, co-condateur du groupe The Smiths. C’est un guitariste brillant, un compositeur de génie et il est responsable, avec Morrissey, de l’album Meat is Murder, qui m’a incité à laisser la viande pour toujours, à l’âge de 19 ans.

  • Parce qu’être végane ne veut pas dire être si différent que ça, qu’est-ce qui te passionne dans la vie?

Je suis artiste. Je chante, j’écris et je compose pour mon groupe, Les Incendiaires. En fait, j’aime la création sous tous ses aspects, que ce soit l’art visuel, le cinéma, la littérature. J’ai également un faible pour les jeux vidéos rétro.

  • As-tu réussi à sensibiliser des gens dans ton entourage?

J’ai sensibilisé, me semble-t-il, mes deux ex – l’une est maintenant maman végétalienne et l’autre est végétarienne – ainsi que ma petite amie, qui est maintenant végane depuis presque quatre ans. J’ai aussi quelques amis qui le sont. Ce n’est évidemment pas encore gagné, mais je sens que nous sommes sur la bonne voie. Et je pense que la meilleure façon de sensibiliser quelqu’un est d’être soi-même un exemple.

  • Quelles sont les autres causes qui te touchent?

Entre autres, le féminisme. Je pense qu’il y a encore beaucoup trop d’injustices sociales à l’égard des femmes. De plus, il m’apparaît évident que la domination masculine encouragée dans notre société participe d’une attitude semblable à celle qui fonde toute forme d’oppression faite à l’endroit des animaux.

  • Quels seraient tes meilleurs conseils pour quelqu’un qui débute sa transition vers le végétalisme et le véganisme?

Se questionner sur les raisons qui poussent à le faire. Que ce soit pour la santé, l’environnement, la spiritualité, je considère qu’il faut prendre en considération qu’on le fait, en bout de ligne, pour les animaux. Et garder en tête que c’est un geste hautement politique d’une grande importance.


Vous pouvez découvrir ci-dessous une chanson du groupe de Rudy:

 

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