Sameer

Sameer, 36 ans, gestionnaire d’entreprise

Sameer

Sameer multiplie ses implications dans les organisations portant sur le véganisme ou le végétarisme: il est président de l’Association végétarienne de Montréal, animateur de l’émission Perspectives véganes et coordonnateur à l’organisation du Festival végane de Montréal.

  • Depuis quand et comment as-tu commencé à t’intéresser au véganisme?

Je suis végane depuis janvier 2007. C’était une résolution du Nouvel An, après seulement quelques semaines de réflexion. En 2006, après avoir franchi quelques étapes personnelles et professionnelles, je ressentais un besoin de m’impliquer socialement et je me suis mis à la recherche de causes qui m’interpellent. C’est ainsi que j’ai retrouvé dans mes courriels une pétition avec une vidéo qui avait pour but de dénoncer la cruauté animale dans les élevages de fourrure en Asie. J’avais pourtant déjà vu d’autres vidéos d’élevage, et même d’expérimentation animale, mais je suppose que je n’étais pas encore réceptif et que je ne remettais pas en question la nécessité de ces pratiques à ce moment.

  • Est-ce que ces nouvelles habitudes ont été faciles à introduire dans ton quotidien?

Pour la plupart, oui. Ayant quelques problèmes de santé, et pour tenter de remédier à mes problèmes digestifs, j’avais déjà commencé à exclure certains produits de mon alimentation. Le végétalisme était simplement un autre test qui s’est rapidement transformé en mode de vie végane.

  • Que réponds-tu aux gens qui disent que le véganisme est trop compliqué, extrême ou restrictif? Quel préjugé es-tu le plus tanné d’entendre?

Le véganisme est simple à appliquer personnellement, mais peut certainement être compliqué socialement. Bien des gens n’aiment pas ou ne veulent pas être à contre-courant de leur entourage dans leur mode de vie. Je répète toujours que l’ouverture au véganisme dépend souvent de notre stade de vie. Selon moi, le véganisme doit être malléable autant dans l’approche que dans l’application si on veut rejoindre les différents types de personnes et faciliter la transition. Toutefois, ce qui me dérange le plus, c’est lorsque des soi-disant professionnels de la santé insistent sur la nécessité de consommer des protéines animales pour être en santé. Oui, cela peut être le cas dans certaines régions non urbaines, mais dans les grandes villes, les protéines animales sont à mon avis un luxe morbide.

  • Es-tu plutôt « grano » ou comfort food, et quels sont tes plats préférés?

La qualité de mon alimentation végétalienne s’est beaucoup amélioré grâce aux conseils de mon amie Anne-Marie Roy ainsi que mon parcours chez Crudessence. Aujourd’hui, je dirais que je suis 50-50. Mes plats préférés varient selon les saisons. L’été, je carbure aux smoothies et aux jus verts. Autrement, j’adore manger des plats internationaux, version végétalienne, incluant… la poutine!

La grande poutine chez Lola Rosa. (Photo prise du blogue Vegan à Montréal)

La grande poutine chez Lola Rosa. (Photo prise du blogue Vegan à Montréal)

  • Peux-tu nous parler d’un ou d’une végane, célèbre ou non, que tu admires, et pourquoi?

Il y en a tellement, mais je vais en profiter pour en souligner deux qui m’ont beaucoup inspiré par leur approche. D’abord Matt Ball, co-fondateur de Vegan Outreach. J’aime sa vision de l’activisme qui nous rappelle qu’ilfaut sensibiliser les gens positivement et qu’il est important d’accepter que nous ne sommes pas parfaits. L’autre est le blogueur Steve Pavlina. Je l’ai découvert en 2006 par l’entremise des ses articles sur l’autodiscipline et l’entrepreneurship. Son livre Le développement personnel pour les gens intelligents est l’un de mes préférés. Il m’a inspiré à réaliser de nombreux changements dans ma vie professionnelle et personnelle, incluant l’adoption du véganisme.

  • Parce qu’être végane ne veut pas dire être si différent que ça, qu’est-ce qui te passionne dans la vie?

J’ai été sportif toute ma vie. J’ai pratiqué plusieurs sports, mais le hockey était ma passion: j’y jouais 3 à 4 fois par semaine. Toutefois, en 2010, j’ai découvert le monde de la danse sociale et j’ai changé de vocation presque du jour au lendemain, avec la même intensité que le hockey. Je suis aussi amateur de l’histoire de la politique américaine.

  • As-tu réussi à sensibiliser des gens dans ton entourage? As-tu des approches particulières pour intéresser les gens?

En fait, les gens de mon entourage étaient probablement les personnes les plus difficiles à sensibiliser. Je suis un peu bouffon alors je crois que ma famille me prenait plus ou moins au sérieux. Avec le temps, j’estime que l’approche qui me convient le mieux est de mener par l’exemple. Je cuisine parfois pour mes amis et je fais preuve de créativité lorsque je suis invité à des restaurants omnivores — en choisissant par exemple un plat diversifié, juste avec des entrées. Je remarque que mon entourage m’observe discrètement et éventuellement me pose parfois des questions. Seulement à ce moment, j’entame la conversation des bienfaits du véganisme si je ressens un réel intérêt de leur part.

Sameer militant

  • Quelles sont les autres causes qui te touchent?

La pauvreté, les maladies mentales et la violence m’interpellent beaucoup. Dans bien des cas, les trois sont intimement reliés. J’envisage depuis longtemps à m’impliquer davantage dans la politique et le secteur public pour améliorer aussi ces enjeux, et c’est pourquoi je milite au sein du Parti vert du Canada et que j’étudie à l’ENAP pour l’obtention d’une maîtrise en administration publique.

  • Quels seraient tes meilleurs conseils pour quelqu’un qui débute sa transition vers le végétalisme et le véganisme?

D’abord, de lire les sept façons de devenir végétalien et d’en inventer d’autres, si nécessaire. Ensuite, de rencontrer d’autres végés dans les événements afin de continuer son apprentissage auprès des ceux qui vous inspirent.

J’ajouterais aussi qu’il nous arrive à tous d’être dans des situations où des options véganes sont très limitées. J’ai été contraint à l’occasion de choisir des options véganes en apparence, mais qui s’avéraient végétariennes. Il ne faut pas s’attarder aux situations exceptionnelles, mais à l’ensemble de notre mode de vie. Même avec une alimentation végétalienne à 99 % du temps, il faut se féliciter, car tous les bienfaits demeurent significatifs.

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