Caroline

Caroline, 33 ans, ergothérapeute et consultante en réadaptation

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Caroline partage ses réussites culinaires végétaliennes via son compte Instagram (@loounie) qui devient de plus en plus populaire. À travers de belles photographies de plats appétissants et colorés, elle parvient à inspirer un grand nombre de personnes, tout en prenant plaisir à cuisiner au quotidien!

  • Depuis quand et comment as-tu commencé à t’intéresser au véganisme?

J’ai toujours été intéressée par la bouffe « santé », en me fiant surtout aux recommandations véhiculées dans les médias traditionnels. Je me forçais à manger du yogourt à chaque jour « pour mes os », et je devais aussi me discipliner pour inclure du poulet et de la viande dans mon alimentation parce que je croyais en avoir besoin. Il y a bientôt 4 ans, après un séjour dans le Sud-Ouest de la France où le foie gras, le saucisson et le fromage étaient au menu chaque jour, j’ai senti que mon corps n’était pas content! Le constat s’est fait surtout pendant un demi-marathon, que j’ai couru quelques jours après mon retour au Québec, et où j’ai souffert malgré le fait que j’étais bien entraînée.

kind-diet-alicia-silverstoneLa semaine suivante, un ami récemment devenu végétalien m’a parlé des effets positifs de ce changement sur son état global et m’a suggéré la lecture du livre The Kind Diet d’Alicia Silverstone. J’ai lu le livre, et j’ai été immédiatement choquée par les informations au sujet de la souffrance animale et des désastres écologiques causés par les industries de la viande, des œufs et des produits laitiers. Je me suis promis de ne plus jamais acheter de viande, en me permettant d’en manger à l’occasion chez les amis et au restaurant. Déjà, je me sentais mieux, plus énergisée. Ma seconde lecture a été Je mange avec ma tête d’Élise Desaulniers. Ce que j’y ai lu m’a convaincu de cesser complètement la consommation de produits d’origine animale, autant dans l’alimentation que dans le reste. C’est donc pour une raison purement égoïste que j’ai entamé un changement — pour ma santé — et c’est maintenant pour des raisons multiples — la santé, l’environnement, le bien-être animal — que je maintiens ce mode de vie et que j’ai l’intention de le maintenir définitivement.

  • Est-ce que ces nouvelles habitudes ont été faciles à introduire dans ton quotidien?

Comme j’ai toujours aimé cuisiner, que je demeurais seule et que j’avais un accès facile à une grande variété de produits au marché près de chez moi, changer complètement mon alimentation n’a pas été complexe. J’ai pris un grand plaisir à essayer de nouvelles recettes et à découvrir de nouvelles saveurs. J’ai aussi eu la chance d’avoir quelques amis végétaliens autour de moi et des collègues de travail intéressés par ces changements. Ce soutien m’a été précieux. Changer les savons, shampoings et cosmétiques pour des produits véganes n’a pas été très complexe non plus parce que beaucoup de produits intéressants sont disponibles. Le plus difficile selon moi est de faire de bons choix au niveau des vêtements et des chaussures : trouver des alternatives de qualité à la laine de mérino et au cuir est encore un défi. J’essaie de faire les choix les plus sensés et les plus durables.

  • Que réponds-tu aux gens qui disent que le véganisme est trop compliqué, extrême ou restrictif, ou quel préjugé face au véganisme es-tu le plus tannée d’entendre?

Je crois que cette idée vient d’un manque d’information et de sensibilisation, mais surtout d’une grande réticence face au changement des habitudes. Les comportements que l’on adopte et répète à chaque jour nous proviennent de croyances qui sont bien ancrées, nous venant de nos familles, de nos amis, des médias, des professionnels et de notre expérience personnelle. Changer une habitude est l’une des démarches les plus difficiles pour un individu. Pour y arriver, il est essentiel de modifier nos croyances, donc d’aller chercher l’information pertinente et aussi de vivre une expérience personnelle positive.

J’entends beaucoup de préjugés face au véganisme, notamment qu’il s’agit d’une préoccupation futile. J’ai entendu plus d’une fois des arguments comme « Je vais me préoccuper du sort des animaux une fois qu’on aura réglé la famine dans le monde ou la destruction de nos forêts ». Un tel argument illustre parfaitement le manque de sensibilisation à la situation, alors que l’on sait que ce sont justement les élevages industriels qui, à cause des ressources qu’ils nécessitent, contribuent au manque de ressources sur la planète, donc autant à la famine qu’à la destruction des forêts. Je ne suis pas une experte face à l’environnement et à l’éthique animale, par contre, j’en sais assez pour essayer à chaque jour de faire une différence. Le véganisme est à mon avis la manière la plus concrète et la plus facile d’améliorer notre santé et de réduire notre empreinte écologique ainsi que la souffrance inutile.

  • Es-tu plutôt « grano » ou comfort food, et quels sont tes plats préférés?

Je suis avant tout à l’écoute de mon corps (voilà qui peut sembler « grano » comme affirmation!), ce qui fait que je me nourris selon mes besoins du moment. J’ai parfois des envies incontrôlables de jus verts et de salades de pousses, mais aussi des envies de plats mijotés réconfortants, de pâtes riches et de brownies. Le matin, je mange généralement un smoothie ou un gruau auquel j’ajoute des fruits et plein de superaliments. Autrement, le midi et le soir, mon plat fétiche de tous les jours est un bol d’abondance : un grain entier, une légumineuse ou du tempeh, plein de légumes crus ou cuits et une sauce, selon les envies du moment. Lorsque je reçois des amis, j’adore élaborer des plats plus raffinés à partir d’ingrédients de qualités, comme une sauce crémeuse faite de chanterelles et de noix de cajous.

 

Quelques photos du compte Instagram de Caroline!

  • Peux-tu nous parler d’un ou d’une végane, célèbre ou non, que tu admires, et pourquoi?

Il y en a plusieurs! Si je dois choisir, je dirais que j’ai une admiration sans bornes pour Élise Desaulniers, qui est une femme brillante, déterminée et tellement courageuse. J’admire son engagement envers le véganisme, et surtout sa capacité à convaincre tout en demeurant calme et ouverte. Nous sommes privilégiés d’avoir un tel porte-parole au Québec.

J’admire aussi beaucoup Dr Michael Greger et tout le travail qu’il fait avec ses conférences, ses vidéos et son site d’information NutritionFacts.org. J’ai eu la chance de le voir deux fois en conférence et de le rencontrer personnellement, et je ne peux que lever mon chapeau à cet homme qui consacre sa vie à démontrer les bienfaits de l’alimentation végétalienne sur la santé.

Finalement, je dois avouer avoir un faible pour Steve Jenkins et Derek Walter, les papas d’Esther The Wonder Pig. En documentant quotidiennement la vie qu’ils partagent avec leurs chiens, leurs chats et Esther le cochon, Steve et Derek réussissent à démontrer que les animaux sont tous des être sensibles qui méritent des soins, de l’amour et du respect.

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  • Parce qu’être végane ne veut pas dire être si différent que ça, qu’est-ce qui te passionne dans la vie?

Je me passionne pour mon travail, où j’ai la chance d’aider des enfants, des adolescents et des adultes à changer progressivement leur quotidien pour améliorer leur santé. Je pratique le yoga pour me garder centrée, et je cours des demi-marathons pour la santé, le défi et le plaisir. Mes deux autres passions sont la cuisine et la photographie, et je peux les combiner à travers mes partages sur mon compte Instagram (@loounie, et le motclic #loouniecuisine). La cuisine végétalienne est la plus photogénique à mon avis, et je me plais à la mettre en valeur. J’ai en tête un projet de livre où je partagerais ma vision ludique de la cuisine végétalienne. À suivre!

  • As-tu réussi à sensibiliser des gens dans ton entourage? As-tu des amis véganes?

Beaucoup d’amis et de membres de ma famille m’ont dit avoir intégré davantage de plats végétaliens dans leur alimentation après avoir discuté avec moi et, surtout, après avoir vu les photos de mes plats. Je reçois régulièrement des mots et des questions d’amis et d’abonnés au sujet de recettes et d’ingrédients, et c’est toujours avec un grand plaisir que je réponds. J’ai de plus en plus d’amis véganes, notamment parce que les évènements m’ont permis de tisser des liens d’amitié avec d’autres véganes, mais aussi parce que mon entourage s’y intéresse davantage.

  • Quelles sont les autres causes qui te touchent?

La santé en général est la cause qui me tient le plus à cœur, plus précisément la responsabilisation de chacun face à sa propre santé. Les programmes qui permettent d’éduquer et de sensibiliser les jeunes face à l’importance de bien se nourrir, de bouger et de prendre soin de soi me touchent beaucoup. Les activités des YMCA du Québec en sont un bon exemple.

  • Quels seraient tes meilleurs conseils pour quelqu’un qui débute sa transition vers le végétalisme et le véganisme?

Je crois que les changements ont plus de chance d’être durables s’ils se produisent progressivement, et surtout dans le plaisir. Il faut que ça soit le fun! Je recommanderais donc à un végé-curieux de débuter par un plat végé par semaine, et éventuellement un plat par jour. Avoir une cuisine fonctionnelle où il fait bon passer du temps est aussi important. Pour éviter de manger à chaque soir du tofu à la sauce soya (souvent le premier plat végé qui vient en tête!), on doit varier le plus possible les influences : Amérique du Sud, Asie, Méditerranée, etc. Si le budget le permet, je recommande d’investir dans un mélangeur de qualité comme un Vitamix et dans certains gadgets de cuisine, comme un Spiralizer. Tout ce qui rendra la cuisine plus le fun est bienvenu! Finalement, je crois qu’il faut constamment rester informés, et pas seulement à travers les médias traditionnels. Pour s’inspirer, le web regorge de blogues, de pages et de comptes où des recettes et trucs sont partagés à chaque jour. Je suis abonnée à une bonne centaine de comptes véganes gourmands, et il s’agit de mon inspiration quotidienne.

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