Marie-Noël

Marie-Noël, 29 ans, consultante en médias sociaux et relations de presse

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En plus de participer au blogue Vert et fruité, Marie-Noël est l’une des coordonnatrices du Défi végane 21 jours et elle est impliquée dans l’organisation du Festival végane de Montréal et du Championnat amateur de cuisine santé de Montréal qui aura lieu à l’Expo Manger Santé et Vivre Vert 2015. Dans ses temps libres, elle fait aussi du bénévolat à la SPCA de Montréal.

  • Depuis quand et comment as-tu commencé à t’intéresser au véganisme?

foer - faut-il manger les animauxJ’ai commencé à m’intéresser au véganisme il y a près de trois ans, après des discussions entre amis et au fil de lectures et de visionnements de documentaires sur le sujet. Mon introduction fut la lecture de Faut-il manger les animaux? de Jonathan Safran Foer. Bien que ce livre n’invite pas nécessairement au véganisme, il m’a permis de réaliser bien des choses, et j’ai ensuite voulu pousser ma réflexion. Au début, je mélangeais bien-être animal et les droits des animaux. Je me souviens avoir déjà considérer les élevages biologiques et manger du fromage comme « moins pires » que de manger de la viande. Mais rapidement, j’ai réalisé que même ces élevages avaient leur lot de problèmes et qu’ils engendraient eux aussi énormément de pollution et de souffrances inutiles. Le moins pire que je m’imaginais n’était pas mieux, en réalité. La transition vers le véganisme s’est donc fait assez rapidement à partir de ce moment, de cette prise de conscience, durant l’été 2012.

  • Est-ce que ces nouvelles habitudes ont été faciles à introduire dans ton quotidien?

Oui et non, car j’étais déjà végétarienne depuis de nombreuses années. Je m’alimentais très mal cependant, comme quoi être végé ne veut pas toujours dire être en santé! Je fumais un paquet de cigarettes et buvais près de quatre boissons énergisantes par jour, en soupant avec des clémentines ou un bol d’épinards. Je ne sais pas si cela pouvait être un trouble alimentaire. Sans doute. J’étais tellement mal dans ma peau et j’avais si peu confiance en moi à cette époque. Ma transition vers le véganisme s’est donc fait à un moment clé de ma vie, en même temps qu’un ras-le-bol de ces habitudes très mauvaises pour la santé, on va se le dire! J’étais très motivée à m’alimenter et vivre autrement. Ce qui fut le moins facile au début, c’était les sensations de craving de fromage. Mais, je n’avais qu’à me souvenir de ces images des vaches laitières et de leur veaux qu’on leur enlève pour me couper aussitôt l’envie!

  • Que réponds-tu aux gens qui disent que le véganisme est trop compliqué, extrême ou restrictif?

Je leur réponds qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent. Selon moi, élever et tuer des animaux pour un simple plaisir gustatif est bien plus extrême. La notion de plaisir n’est pas réservée à la consommation de produits animaux, il y a des tonnes de recettes gourmandes et des desserts décadents qui sont végétaliens! Ensuite, je ne trouve pas ça complexe de faire des choix éclairés dans ma consommation. S’informer sur ce que l’on achète ne devrait-il pas aller de soi? Pour ma part, j’en suis venu à rapidement connaître les produits (alimentaires ou produits du quotidien) qui contiennent ou pas des ingrédients d’origine animale, même que je me fais un plaisir à chercher et découvrir de nouvelles compagnies sans cruauté.

  • Es-tu plutôt « grano » ou comfort food, et quels sont tes plats préférés?

Définitivement comfort food! J’aime cuisiner et recréer des plats classiques, en version végétalienne. J’aime beaucoup les bols, les soupes, les pâtes Alfredo, le BLT de chez Aux Vivres.  Mais à bien y penser, j’ai peut-être un petit côté grano aussi… j’adore les jus verts. Cliché, je sais!

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  • Peux-tu nous parler d’un ou d’une végane, célèbre ou non, que tu admires, et pourquoi?

Élise Desaulniers, car j’ai beaucoup appris à travers ses livres Je mange avec ma tête et Vache à lait. Je la trouve dynamique et très intéressante en conférence. Depuis la dernière année, j’ai la chance de la côtoyer souvent et j’apprends encore d’elle, à tous les jours!

  • Parce qu’être végane ne veut pas dire être si différent que ça, qu’est-ce qui te passionne dans la vie

J’aime beaucoup les arts en général, je me passionne particulièrement pour l’architecture montréalaise. Je termine d’ailleurs mes études en histoire de l’art dans quelques mois, mais je ne sais pas trop ce qui m’attend. Mon parcours se dessine plutôt vers les communications. J’aime tenir ce blogue où je peux partager et échanger avec les gens, j’aime la musique de Bright Eyes, j’aime les revues et sites à potins, j’aime les documentaires sur les requins, et plein d’autres choses random comme ça!

  • As-tu réussi à sensibiliser des gens dans ton entourage? As-tu des amis véganes?

J’ai plusieurs amis véganes, cela m’a vraiment aidé dans ma transition à ne pas me sentir seule. J’ai fait de belles rencontres à travers mon bénévolat dans des sanctuaires pour animaux et même par le biais des réseaux sociaux. Je crois que j’ai réussi à sensibiliser quelques personnes dans mon entourage, en les invitant à se poser des questions sur leurs habitudes et sur les enjeux qui y sont rattachés.

  • Quelles sont les autres causes qui te touchent?

Plusieurs causes me touchent et je ne crois pas que mon engagement dans la cause animale m’empêche de me soucier des autres. Je suis entre autres très touchée par la condition des itinérants de Montréal. J’habite dans un quartier où se trouvent deux centres d’hébergement pour les sans-abri. Il n’y a donc pas une journée où je ne croise pas une personne en difficulté, qui quête des sous ou qui aimerait manger. On a souvent le réflexe de passer rapidement et de les ignorer, ou de penser qu’ils vont aller acheter de la drogue si on leur donne 2$. C’est tellement un problème que l’on doit résoudre tous ensemble, en tant que société, qu’on doit cesser d’ignorer.

  • As-tu des trucs ou des conseils pour un nouveau végane ou pour les personnes intéressées à le devenir?

Je conseillerais aux nouveaux véganes de bien s’informer sur ce qu’ils ont besoin dans leur alimentation, afin de bien faire la transition et de ne manquer de rien. Je leur dirais aussi de ne pas se décourager avec les commentaires ou mauvaises blagues dont on est le sujet parfois — il y en aura toujours. Il faut parfois lâcher prise et se souvenir pourquoi être végane est important pour nous. En donnant l’exemple, en prônant la compassion dans notre quotidien, on réussira à mieux traverser les obstacles et à intéresser les gens!

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